Bons plans vacances pour budgets serrés

 

Même si les finances sont parfois restreintes, l’envie de voyager demeure. Conseils et astuces pour s’évader à moindre coût au-delà de son canton.

 

On peut très bien faire contre mauvaise fortune… beaux voyages ! Même avec un budget très serré, il est possible de programmer une escapade de quelques jours en Suisse ou dans un pays limitrophe, comme l’Allemagne, la France ou l’Italie. «Si l’on désire limiter au maximum les coûts d’un voyage, mieux vaut le concevoir soi-même, en passant par internet, que de faire appel à une agence, qui prendra une commission», confient des voyagistes sous couvert d’anonymat. «Et, si on a le choix, il faut éviter les vacances scolaires, car les prix prennent toujours l’ascenseur à ces périodes», insiste Manu Broccard, professeur à l’Institut de tourisme de Sierre de la HES-SO Valais. En outre, plusieurs bons plans permettent de découvrir du pays en ménageant son portemonnaie …

Tout voyage commence par un départ. Intéressons-nous donc aux transports. Les cyclistes tiennent, là, l’un des moyens de locomotion les plus économiques qui soit, si, toutefois, ils n’ont pas décidé d’aller trop loin ou qu’ils ont un peu de temps devant eux. Les automobilistes sont un peu moins bien lotis d’un point de vue budgétaire. Afin de limiter les frais, ils peuvent toujours opter pour le covoiturage. « Comme il n’y a pas de limitation au niveau géographique, on peut imaginer aller jusqu’à son lieu de vacances en partageant sa voiture ou celle de quelqu’un d’autre, répond Jean-François Wahlen, fondateur de l’association covoiturage.ch. De temps en temps, on découvre des trajets à destination de l’étranger sur notre plateforme. S’agissant du prix, il convient, à chaque fois aux deux parties, de se mettre d’accord.» Aux dires de Manu Broccard : «Les sites internet d’économie de partage tiennent désormais une place importante dans notre manière de voyager.»

Des bonnes opportunités ferroviaires et aériennes

Autre alternative : le train. « Si les billets normaux des CFF sont très onéreux en comparaison internationale, il existe, en revanche, de nombreux abonnements intéressants et des billets dégriffés », rassure Manu Broccard. Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF : « Grâce à nos offres dites « mini », on peut trouver des allers-retours à destination de grandes villes européennes, comme Venise, Paris ou Milan, à moins de 100 francs, sans demi-tarif. Le seul impératif, c’est de réserver au moins trois mois à l’avance. » Pour l’étranger, toujours, d’autres solutions ferroviaires existent, comme l’achat d’une carte Rail Plus, vendue 25 francs, qui offre aux possesseurs d’un abonnement — général ou demi-tarif — une réduction de 25 % dans un grand nombre de pays européens. Ou le forfait InterRail, qui donne droit à un passe valable dans
30 pays d’Europe avec, en prime, des prix seniors. « N’oublions pas non plus qu’on peut aussi obtenir des billets dégriffés sur le réseau suisse lorsqu’on voyage en dehors des heures de pointe, ajoute Jean-Philippe Schmidt. En outre, si l’on dispose du demi-tarif, il existe une carte journalière à 75 francs — ou 58 francs en semaine et hors des heures de pointe — valable sur tout le réseau ferroviaire helvétique. »

Ne rien exclure d'office: un séjour dans la nature peut offrir plein de perspectives.

A la route et au rail s’ajoute évidemment la voie des airs. Et là, on pense immédiatement à la compagnie d’aviation easyJet. « Pour profiter des meilleurs prix, il convient de réserver le plus tôt possible, explique David Folley, du Service de presse de la compagnie low cost. Plus la date de départ approche, plus les prix seront élevés. Les réservations sont généralement ouvertes cinq à six mois à l’avance. Il faut aussi savoir que la demande conditionne l’offre et les tarifs : les prix les moins chers s’obtiennent donc souvent aux périodes creuses, par exemple en milieu de semaine. » Certains sites internet, comme celui de Nouvelles Frontières, mettent, en outre, régulièrement leurs invendus aux enchères.

Entre couchsurfing et gamping

La question du déplacement résolue vient celle du logement. Où dormir sans casser sa tirelire ? Depuis quelques années, les plateformes internet ont révolutionné ce secteur. Le « couchsurfing » est certainement l’un des moyens de se loger les moins coûteux. Cette manière de « passer d’un canapé à l’autre », selon la traduction de l’anglais, offre un service d’hébergement temporaire et gratuit, de particulier à particulier. Trop spartiate ? Pourquoi ne pas plutôt échanger son appartement ou sa maison contre un autre logement ? D’autant que cela peut aussi inclure la voiture, une fois à destination.

Parmi les nouvelles tendances, on trouve aussi le « gamping », c’est-à-dire planter sa tente chez des privés pour un montant en dessous des prix du marché des campings. En grimpant un peu dans la pyramide des prix apparaissent les campings classiques, puis les sites communautaires de réservation de logements entre particuliers, à l’instar d’airbnb. «Il faut toutefois rester prudents, car souvent, quand il s’agit de logements individuels, on retrouve des agences immobilières derrière les annonces, ce qui signifie qu’on va se retrouver sur les prix officiels de la location», prévient Manu Broccard. Mais, en fouillant un peu ou en mettant comme critère « partager une chambre dans l’appartement », l’idée qui est d’ailleurs à l’origine de ce concept, on peut trouver des hébergements intéressants.»

Enfin, n’oublions pas pour autant les hôtels, qui proposent parfois des offres intéressantes sur internet. «Il convient vraiment de les comparer, car les prix peuvent énormément varier d’un site à l’autre, insiste Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC). Il ne faut pas hésiter à contacter l’hôtelier pour tenter d’obtenir un rabais plus intéressant que celui proposé par une plateforme, telle que booking.com. Et, si on s’y est pris à l’avance, on privilégiera la possibilité d’annuler sans frais jusqu’au dernier jour. Ainsi, si une promotion devait se faire dans l’intervalle, on pourra toujours changer d’option. »

Limiter l’addition

Il s’agit ensuite de se nourrir. Si l’on dispose d’une cuisine dans son hébergement, on pourra faire ses courses et se préparer des petits plats. Si ce n’est pas le cas, on peut notamment choisir de manger sur le pouce pour faire des économies. « Sur les sites communautaires de « social dining », comme cookening.com, des particuliers vous convient à leur table, le temps d’un repas », note Manu Broccard. En dernier recours, on pourra se rendre au restaurant, sachant que, souvent, la note est plus élevée dans les établissements situés au centre qu’en périphérie. Les autochtones et les guides de voyage sont de bons conseils pour dénicher des adresses à petits prix. L’application antigaspillage « Too good to go », gratuite, peut s’avérer utile, puisqu’elle permet d’acheter, à moitié prix, les restes des restaurants, en Suisse et dans quelques pays d’Europe, comme l’Allemagne.

Puis, entre deux repas, il faut aussi s’occuper. Si les activités touristiques ont la plupart du temps un coût incompressible, il en existe d’autres, simples et gratuites : nager dans un lac en été, flâner en ville, entreprendre des randonnées ou se rendre au musée, dont l’entrée est habituellement libre au moins un jour par mois.

On peut aussi trouver des billets d'avion à prix réduit.

Si internet est un allié dans la chasse aux bonnes affaires, il faut cependant faire attention, une fois à l’étranger, de ne pas tomber dans le piège de la télécommunication hors de prix. Pour éviter de se retrouver avec une énorme facture, une fois de retour, Valérie Muster nous livre quelques conseils : «Désactiver l’itinérance et la connexion 3G/4G avant de franchir la frontière et ne surfer qu’avec les bornes wifi. » A ce propos, l’application Wi-Fi Finder, qui répertorie 650 000 spots wifi dans 144 pays, peut vous aider, car elle permet de filtrer ces lieux selon différents critères, dont la gratuité.

« Si le wifi ne suffit pas, poursuit la spécialiste de la FRC, on peut choisir une option roaming (data et/ou voice) auprès de son opérateur. Ou, si l’on sait qu’on va beaucoup utiliser sa connexion, acheter une carte SIM locale. » Valérie Muster met également en garde quant à la combox, car chaque appel entrant et chaque message laissé sont facturés, à triple même, si on les écoute. Le mieux, donc, est carrément de désactiver sa combox. On peut également mettre des seuils d’alerte sur son téléphone, afin d’éviter de dépasser des limites non souhaitées. « Attention toutefois, dans la mesure où il peut parfois y avoir un décalage entre les communications faites et l’activation du seuil d’alerte », prévient-elle.

Bref, voyager à bon marché demande généralement une bonne préparation en amont. « Comme plusieurs sites proposent les mêmes offres, il est important de prendre le temps de bien comparer », insiste le professeur de l’Institut de tourisme. En matière de voyage, l’improvisation n’est que rarement l’amie du portemonnaie!

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